Habitat et propriété

Vivre sans loyer à la retraite

Vivre sans loyer à la retraite peut faire partie intégrante de la prévoyance vieillesse et confère un sentiment d’autonomie et de sécurité

Un propre bien immobilier pour la prévoyance vieillesse

En Suisse, de nombreux locataires rêvent d’accéder à la propriété. On peut bien sûr voir les choses sous différents angles. Mais il est certain que pour la troisième tranche de vie, la propriété du logement offre des avantages non négligeables. Tout d’abord, un propre bien immobilier est un solide élément de la prévoyance vieillesse. C’est la raison pour laquelle le système suisse des trois piliers – AVS, caisse de pension et pilier 3a – autorise aussi le versement anticipé ou le nantissement d’avoirs du deuxième et/ou du troisième pilier pour l’achat d’un logement en propriété. Toutefois, l’utilisation des avoirs de la caisse de pension est soumise à certaines restrictions légales. L’État souhaite en effet que ces fonds servent réellement à promouvoir à long terme la propriété du logement, y compris dans le cadre de la prévoyance vieillesse. Cela explique que l’on ne puisse demander le versement d’avoirs de la caisse de pension que tous les cinq ans au maximum; par ailleurs, pas plus de 10 pour cent des fonds propres ne peuvent provenir de cette source. Passé l’âge de 50 ans, on ne peut prélever que le capital accumulé à la caisse de pension jusqu’à l’âge de 50 ans (ou maximum la moitié, selon le montant le plus élevé). 

Quoi qu’il en soit, un propre logement est un instrument très tangible de prévoyance vieillesse. La propriété du logement peut constituer une meilleure option que les comptes du pilier 3a, aujourd’hui très faiblement rémunérés, ou que des placements très fluctuants sur les marchés d’actions. Au plus fort de la crise financière, bien des caisses de pension se sont trouvées au bord du gouffre en raison de la chute des cours des actions. Par contre, les prix de l’immobilier sont restés stables en Suisse.

Réfléchir en profondeur au désendettement d’ici à la retraite

Nombreux sont les rentiers qui ne veulent pas seulement vivre sans loyer mais aussi sans dettes. Aussi attractive que puisse être l’idée, un amortissement intégral de l’hypothèque doit être bien réfléchi. Le capital est alors entièrement lié dans le bien et en tant que retraité, il est souvent impossible de souscrire une nouvelle hypothèque, étant donné que l’on ne répond plus au critère de capacité financière, la rente versée étant inférieure au revenu professionnel perçu antérieurement. En cas de remboursement de l’hypothèque, il faut en tout cas prévoir suffisamment de réserves financières liquides pour pouvoir également faire face à des dépenses imprévues sans avoir à vendre le bien.

Taux hypothécaires et évolution des prix

Si les taux hypothécaires historiquement bas ont un revers, c’est bien la forte hausse des prix de l’immobilier dans quelques centres urbains. Dans d’autres villes ou dans des régions plutôt rurales, l’évolution des prix est modérée en revanche. Si l’on n’a pas jeté son dévolu sur une région précise, on peut éventuellement mettre à profit les écarts régionaux des prix de l’immobilier à la retraite. Les retraités mobiles peuvent tout à fait envisager de déménager dans une région où les prix sont plus modérés. Après tout, à la retraite, la proximité des lieux de travail et des écoles ne joue plus qu’un rôle secondaire. L’inverse est vrai pour les soins médicaux et les commerces.

Maître à bord

Certes, quand on est propriétaire de son logement, on est moins mobile qu’un locataire, qui peut résilier son bail et déménager à tout moment. Mais les propriétaires immobiliers jouissent d’une autre forme de mobilité. Alors qu’un locataire ne peut guère s’opposer à une hausse de loyer résultant de mesures de modernisation, le propriétaire peut quant à lui décider librement d’exécuter uniquement les travaux les plus indispensables en raison de l’état de ses finances ou encore de maintenir son bien en parfait état. 

Planification à long terme

Grossvater

Quoi qu’il en soit, mieux vaut planifier à long terme – en veillant p. ex. à l’absence de barrières – dès la construction ou l’achat du logement. La transformation de biens inadaptés au grand âge est une opération souvent complexe et donc coûteuse et pourtant, planifier son logement à long terme ne coûte pas forcément une fortune. Par essence, la propriété par étage, très populaire, et les bungalows, qui permettent d’habiter sur un niveau, présentent déjà des avantages par rapport aux maisons mitoyennes à plusieurs étages. 

Downsizing

Même s’ils habitent dans une maison sans barrières, certains propriétaires préfèrent vendre leur logement à la retraite: les enfants ont quitté depuis longtemps le cocon familial, la maison est devenue trop grande et le jardin nécessite beaucoup d’entretien. Si l’on aimerait pouvoir continuer à profiter des avantages d’un propre chez-soi, il y a la solution de la propriété par étage, dans une résidence adaptée aux personnes âgées par exemple, avec une aide ménagère et des soins à domicile.

Indépendance et sécurité

À la retraite précisément, la propriété du logement est un gage de sécurité et de qualité de vie, toutes considérations financières mises à part. Ainsi, un locataire peut voir son bail résilié à tout moment. Un propriétaire de son logement est à l’abri d’un tel aléa. Outre l’aspect du libre agencement de l’habitation, la stabilité du logement constitue aussi un avantage non négligeable pour les propriétaires plus âgés. À un certain âge, ils ne veulent en effet plus quitter l’environnement qui leur est familier. Et encore moins s'ils ne peuvent décider du moment.

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