Incapacité de gain: comment les familles peuvent se protéger contre les lacunes de revenu
En Suisse, l’incapacité de gain peut entraîner d’importantes lacunes de revenu. Ce guide vous montre comment bien protéger votre famille:
- AI et caisse de pension: aperçu des prestations
- risques liés au travail à temps partiel et à l’activité indépendante
- prévoyance privée pour combler les lacunes
- Grandes lacunes de revenu: en cas d’incapacité de gain, les personnes concernées perdent, selon la cause, entre 10% et 40% de leur revenu antérieur, car les 1er et 2e piliers réunis ne remplacent pas intégralement l’ancien salaire.
- Moins bonne couverture en cas de maladie: une personne en incapacité de gain à la suite d’une maladie perçoit moins de prestations qu’en cas d’accident.
- Particulièrement vulnérables: les personnes travaillant à temps partiel, les femmes/hommes au foyer et les personnes indépendantes ont souvent des lacunes de prévoyance encore plus importantes en cas d’incapacité de gain.
- Le risque du logement en propriété: une baisse de revenu alors que les coûts hypothécaires restent inchangés peut contraindre les familles à vendre leur logement en cas d’incapacité de gain.
- La prévoyance privée comble les lacunes: les assurances individuelles d’indemnité journalière en cas de maladie, les assurances-accidents individuelles ou les assurances en cas d’incapacité de gain aident à maintenir le niveau de vie habituel d’une famille en cas d’incapacité de gain.
- Différence: l’incapacité de travail et l’incapacité de gain ont des conséquences financières différentes.
- Lacunes de revenu en cas d’incapacité de gain: les personnes concernées perdent entre 10% et 40% de leur revenu, selon la cause de l’incapacité de gain.
- Cas particuliers comportant des risques accrus: le travail à temps partiel, le travail domestique, l’activité indépendante et le fait d’être propriétaire de son logement renforcent cette problématique.
- Prévoyance privée: des solutions ciblées peuvent combler ces lacunes de revenu.
- Check-list gratuite: elle contient les principales informations nécessaires à une analyse individuelle des risques.
- Questions fréquentes: réponses aux principales questions sur ce sujet.
Même si l’on a tendance à les confondre, ces deux termes ont des conséquences juridiques et financières différentes.
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L’incapacité de travail est temporaire et se rapporte à l’activité actuelle. Exemple: après une fracture du poignet, vous ne pouvez pas travailler à l’ordinateur pendant un certain temps, mais vous pouvez en principe exercer d’autres activités.
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L’incapacité de gain (invalidité) est en revanche durable et englobe toutes les activités professionnelles. Un burnout sévère accompagné d’une dépression chronique peut empêcher d’exercer tout type d’activité professionnelle.
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Pourquoi cette distinction est importante: selon la situation, d’autres assurances et prestations entrent en jeu. En cas d’incapacité de travail, l’employeur et l’assurance d’indemnité journalière en cas de maladie prennent en charge les coûts. En cas d’incapacité de gain, ce sont l’assurance-invalidité (AI), la caisse de pension ou l’assurance-accidents qui paient.
Chaque famille est confrontée à des risques différents. Le travail à temps partiel, l’activité indépendante ou le fait d’être propriétaire de son logement influencent considérablement votre couverture. Nos conseillères et conseillers analysent votre situation individuelle et vous proposent volontiers des solutions adaptées.
La maladie est la cause la plus fréquente d’incapacité de gain: selon l’Office fédéral des assurances sociales, huit cas d’invalidité sur dix en Suisse sont dus à une maladie et non à un accident.
La cause est déterminante: en ce qui concerne les prestations obligatoires, nous sommes en Suisse nettement mieux assurés en cas d’accident qu’en cas de maladie. Selon la cause de l’invalidité, les personnes concernées perdent environ 10% à 40% de leur ancien revenu.
Exemple: une personne mariée salariée travaille à 100% et gagne 90'000 francs par an. Selon la cause de l’invalidité, la personne concernée perd:
- en cas d’incapacité de gain à la suite d’un accident: environ 9'000 francs par an (lacune de revenu de 10%)
- en cas d’incapacité de gain à la suite d’une maladie: environ 36'000 francs par an (lacune de revenu de 40%)
💡 Rente pour enfant: si l’un des parents perçoit une rente AI, ses enfants ont droit à une rente pour enfant. Le montant de la rente pour enfant dépend de la rente AI du parent et peut provenir du 1er et du 2e pilier. La rente pour enfant est versée jusqu’aux 18 ans de l’enfant. Si l’enfant est en formation initiale, elle est versée jusqu’à ses 25 ans.
En Suisse, une personne en incapacité de gain à la suite d’une maladie est moins bien couverte financièrement qu’en cas d’accident. Le maintien du salaire et les indemnités journalières en cas de maladie prennent fin au plus tard au bout de deux ans. La caisse de pension joue alors un rôle central.
Avec l’assurance-invalidité, elle remplace environ 60% du dernier revenu. Une lacune de revenu de 40% subsiste toutefois (exemple pour une personne mariée employée à plein temps avec un revenu annuel de 90'000 francs, comme ci-dessus):
- 1er pilier (AI): environ 30'000 francs par an (33%)
- 2e pilier (LPP): environ 24'000 francs par an (27%)
- Lacune restante: environ 36'000 francs par an (40%)
💡 Important: selon la solution choisie, la caisse de pension peut verser des prestations plus ou moins élevées. En cas de travail à temps partiel ou d’années de cotisation AVS manquantes, la couverture est souvent encore plus faible.
En cas d’incapacité de gain durable à la suite d’un accident, l’assurance-accidents légale et l’assurance-invalidité entrent en jeu. Cette combinaison couvre jusqu’à 90% de l’ancien revenu (exemple pour une personne mariée employée à plein temps avec un revenu annuel de 90'000 francs, comme ci-dessus):
- 1er pilier (AI): environ 30'000 francs par an (33%)
- 2e pilier (LAA) : environ 51'000 francs par an (57%)
- Lacune restante: environ 9'000 francs par an (10%)
Dans certaines situations, les conséquences financières d’une incapacité de gain peuvent être encore plus graves. Les personnes travaillant à temps partiel, les femmes/hommes au foyer, les personnes indépendantes ainsi que les familles propriétaires de leur logement sont particulièrement concernés. Pour ces personnes, les lacunes de prévoyance sont souvent plus importantes que pour les personnes employées à temps plein qui ne sont pas propriétaires de leur logement.
En cas d’incapacité de gain, les personnes travaillant à temps partiel sont souvent doublement touchées. Leur revenu est déjà réduit et les prestations de la caisse de pension sont proportionnellement plus faibles.
Le problème: la caisse de pension n’assure que le salaire supérieur à 26'460 francs par an (déduction de coordination). Pour un salaire à temps partiel de 40'000 francs, seuls 13'540 francs sont donc assurés, soit moins d’un tiers du salaire. La rente versée sera donc modeste.
Charge supplémentaire pour les familles: les personnes qui ne peuvent plus travailler en raison d’une incapacité de gain ne sont souvent plus en mesure de s’occuper de leurs enfants comme avant. Les solutions de garde externes entraînent des coûts supplémentaires alors que le revenu diminue.
Particulièrement problématique: si une personne exerce plusieurs petites activités à temps partiel, il peut arriver qu’elle ne soit assurée auprès d’aucun employeur dans la caisse de pension, car elle n’atteint nulle part le seuil d’entrée dans la caisse de pension de 22'680 francs par an. Ces personnes ne perçoivent alors aucune prestation du 2e pilier.
Les personnes qui s’occupent du ménage et des enfants à temps plein fournissent un travail non rémunéré, dont la valeur s’élève généralement à plusieurs milliers de francs par mois. En cas d’incapacité de gain, ce risque «invisible» devient soudain très coûteux.
Le problème: le revenu familial reste certes inchangé, mais de nouvelles dépenses viennent s’ajouter. En cas d’incapacité de gain, une femme ou un homme au foyer ne peut plus accomplir ses tâches domestiques comme avant. Il en résulte des frais supplémentaires pour la garde d’enfants, les aides à domicile ou les services de soins.
Ces coûts supplémentaires élevés ne sont pas compensés par les prestations de la caisse de pension. En effet, les personnes qui n’exercent pas d’activité lucrative ne cotisent pas non plus au 2e pilier. Elles n’ont donc pas droit à une rente en cas d’incapacité de gain.
Les personnes qui exercent une activité indépendante sont particulièrement mal couvertes, car la prévoyance professionnelle (LPP) n’est pas obligatoire pour elles. Elles peuvent certes s’affilier volontairement à une caisse de pension. Mais toutes ne le font pas, ce qui peut avoir de lourdes conséquences en cas d’incapacité de gain.
Le risque: sans caisse de pension, les personnes indépendantes invalides ne perçoivent que des prestations du 1er pilier. L’AI verse environ un tiers du salaire assuré. Pour un revenu supérieur à 90'720 francs par an, le plafond de 30'240 francs s’applique toutefois.
Exemple: un père de famille indépendant gagne 90'000 francs par an. En cas d’incapacité de gain, il reçoit:
- 1er pilier (AI): environ 30'000 francs par an (un tiers de 90'000 francs, en dessous du maximum de 30'240 francs)
- 2e pilier (LPP): 0 franc, car non assuré
- Lacune de revenu: 60'000 francs par an (67%)
La conséquence: au lieu de la couverture habituelle de 60% à 90% du salaire, les indépendants ne reçoivent souvent qu’un tiers de leur revenu en cas d’incapacité de gain.
Pour les familles propriétaires de leur logement, une incapacité de gain peut être particulièrement coûteuse. Alors que les revenus baissent, les intérêts hypothécaires et les frais d’entretien restent élevés.
Le problème: les prêteurs exigent que les intérêts hypothécaires, les frais accessoires et l’amortissement représentent au maximum un tiers du revenu brut. Si le revenu disponible passe par exemple de 90'000 à 54'000 francs, cette limite est rapidement dépassée.
Exemples de calcul de la capacité financière:
- Coûts hypothécaires avant invalidité: 30'000 francs (33% de 90'000 francs) (supportable financièrement).
- Coûts hypothécaires après invalidité: 30'000 francs (56% de 54'000 francs) (pas supportable financièrement).
La conséquence: l’hypothèque n’est plus supportable financièrement et, dans le pire des cas, la famille doit vendre son logement.
💡 Conseil: les propriétaires d’un logement devraient vérifier si leur prévoyance privée est suffisante pour garantir que l’hypothèque soit supportable même en cas de baisse du revenu.
En cas d’incapacité de gain, la prévoyance étatique et professionnelle ne suffit souvent pas à maintenir le niveau de vie habituel. Selon la situation, il reste une lacune de 10% à 40% de l’ancien revenu. Les personnes travaillant à temps partiel, les indépendants et les propriétaires d’un logement sont particulièrement concernés.
Une planification de la prévoyance privée peut combler de manière ciblée ces lacunes de revenu en cas d’invalidité et aider les familles à maintenir leur niveau de vie habituel.
La plupart des employeurs ont conclu une assurance d’indemnité journalière en cas de maladie pour leurs employé·es. En cas d’incapacité de travail, celle-ci verse généralement 80% du salaire pendant une période pouvant aller jusqu’à 730 jours. L’assurance-invalidité et la caisse de pension prennent ensuite le relais.
Une assurance privée d’indemnité journalière en cas de maladie est utile:
- pour les personnes indépendantes: elles n’ont souvent aucune assurance d’indemnité journalière en cas de maladie et ne sont donc pas couvertes.
- en cas de solution insuffisante de l’employeur: certains employeurs ne proposent que le minimum légal, voire aucune couverture.
- pour les personnes ayant plusieurs emplois à temps partiel: tous les emplois ne sont pas couverts par une assurance d’indemnité journalière en cas de maladie.
- pour des prestations plus élevées: vous pouvez augmenter l’indemnité journalière de 80% à 100% du salaire ou prolonger la durée de la prestation au-delà de 730 jours.
L’avantage: une assurance privée d’indemnité journalière en cas de maladie comble la période entre le début de la maladie et les rentes ultérieures de l’AI et de la caisse de pension. Ainsi, le revenu familial reste stable même en cas de maladie prolongée.
Les personnes salariées sont assurées à titre obligatoire en cas d’accident. L’assurance-accidents légale verse 80% du salaire comme indemnité journalière à partir du troisième jour. En cas d’accident non professionnel, la couverture d’assurance n’est accordée que si la personne travaille au moins huit heures par semaine chez le même employeur.
Une assurance-accidents privée est utile:
- en cas de travail à temps partiel de moins de huit heures: ces personnes travaillant à temps partiel ne bénéficient d’aucune couverture en cas d’accident pendant les loisirs et ne sont donc pas couvertes.
- pour les personnes indépendantes: elles ne sont pas assurées à titre obligatoire contre les accidents et doivent souscrire une assurance privée.
- pour les personnes ayant plusieurs petits taux d’occupation: les personnes qui occupent différents emplois à temps partiel n’atteignent souvent la limite de huit heures chez aucun employeur.
- pour des prestations plus élevées: l’assurance privée peut compléter l’indemnité journalière ou proposer un capital invalidité supplémentaire.
L’avantage: une assurance-accidents privée complète la couverture obligatoire et verse des prestations supplémentaires comme un capital invalidité ou des indemnités journalières plus élevées. Ainsi, les familles sont protégées financièrement même en cas d’accident grave.
Une assurance en cas d’incapacité de gain comble la lacune de revenu découlant d’une maladie ou d’un accident. En effet, en cas d’incapacité de gain durable due à une maladie ou à un accident, les personnes concernées reçoivent certes des rentes de l’assurance-invalidité, de la caisse de pension ou de l’assurance-accidents. Mais celles-ci ne couvrent, selon la cause, que 60% à 90% de l’ancien revenu.
Une assurance en cas d’incapacité de gain est utile:
- en cas d’incapacité de gain pour cause de maladie: la lacune d’environ 40% du revenu est comblée par une rente complémentaire.
- pour les personnes indépendantes: elles ne reçoivent souvent que des prestations de l’AI et ont des lacunes de revenu particulièrement importantes.
- en cas de travail à temps partiel: les prestations des caisses de pension sont proportionnellement plus faibles.
- pour les propriétaires de logement: la rente complémentaire les aide à continuer à financer l’hypothèque.
L’avantage: une assurance en cas d’incapacité de gain verse une rente complémentaire à vie. L’assurance aide ainsi les personnes concernées et leurs familles à maintenir leur niveau de vie habituel, même en cas d’incapacité de gain durable.
Notre check-list gratuite vous indique les informations dont vous avez besoin pour une analyse complète de la prévoyance. Cela vous semble trop complexe? Profitez alors de notre conseil professionnel.
Chaque famille est confrontée à des risques différents. Le travail à temps partiel, l’activité indépendante ou le fait d’être propriétaire de son logement influencent considérablement votre couverture. Nos conseillères et conseillers analysent votre situation individuelle et vous proposent volontiers des solutions adaptées.
Le montant maximal de la rente AI s’élève à 30'240 francs par an. Son montant exact dépend du degré d’invalidité, des années de cotisation et du revenu moyen. À partir d’un degré d’invalidité de 70%, une rente complète est versée, à partir de 40% une rente partielle. Si la personne concernée a des enfants, elle reçoit en plus une rente d’enfant d’invalide par enfant ayant droit.
L’obligation de continuer à verser le salaire en cas d’incapacité de travail due à une maladie s’applique si les rapports de travail durent depuis au moins trois mois ou qu’ils sont conclus pour au moins trois mois.
La durée du maintien du paiement du salaire est déterminée par les réglementations cantonales. Le plus souvent, l’échelle bernoise est utilisée:
- 1re année de service: maintien du salaire pendant 3 semaines
- 2e année de service: maintien du salaire pendant 1 mois
- 3e-4e année de service: maintien du salaire pendant 2 mois
- 5e-9e année de service: maintien du salaire pendant 3 mois
- À partir de la 10e année de service: maintien du salaire pendant 4 mois
Important: de nombreux employeurs ont conclu en complément une assurance d’indemnité journalière en cas de maladie pour leurs collaboratrices et collaborateurs. Cette assurance verse 80% du salaire après la fin du maintien du salaire pendant une période pouvant aller jusqu’à 730 jours.
En cas d’incapacité de travail prolongée, il faut déposer une demande à l’AI le plus rapidement possible, au plus tard après six mois.
Important: le droit à la rente ne prend effet que six mois après la demande. Les personnes qui en font la demande trop tard perdent leurs prestations de rentes. En effet, la rente AI est versée rétroactivement au plus tôt un an après le début de l’incapacité de gain.
Un exemple: en cas d’incapacité de gain à partir de janvier et de dépôt d’une demande en août, la rente ne serait versée qu’à partir de février de l’année suivante, six mois seraient donc perdus.
Adrian Kunz est directeur des ventes chez Helvetia Baloise et dispose de plus de huit ans d'expérience professionnelle dans le secteur des assurances et de la prévoyance. Il est conseiller en assurance certifié Cicero et titulaire d'un Master of Science en «Business Administration» de l'Université de Berne. Fin 2025, il a élargi ses compétences en matière de gestion grâce au CAS axé sur la pratique en «Professional Leadership for Finance» à la Haute école d'économie de Zurich (HWZ).
Adrian Kunz s'est spécialisé dans le développement de stratégies de prévoyance individuelles et la constitution d'un patrimoine privé. Ses principaux domaines de conseil sont l'assurance-vie, la planification de la retraite, la couverture des risques et les solutions d'investissement à long terme. Il conseille les particuliers, les familles et les indépendants sur toutes les questions relatives à la sécurité financière.